02.02.25 – « Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu. »           


Avec François de Sales,  puiser à la Source de la Parole.
Présentation du Seigneur  Année C  Luc 2,22,40
D’un sermon pour la Purification le 2 fév. 1620 (IX 261)


Regardons les conditions nécessaires pour obtenir cette faveur de prendre le Sauveur entre nos bras et de le recevoir des mains de Notre-Dame, comme Siméon et Anne, cette veuve qui eut le bonheur de se trouver au Temple en même temps. L’Église nous fait chanter que St Siméon était juste, qu’il était humble… et que le Saint Esprit était en lui : ces dispositions sont nécessaires pour bien prier et tenir notre Seigneur entre nos bras. Être juste n’est autre que vivre selon le cœur de Dieu.

Quant à nous, nous ne sommes pas capables de prier, quand notre volonté n’est pas unie et ajustée avec celle de Notre Seigneur. Il faut que je me fasse mieux comprendre : Demandez à une personne où elle va : « Je vais prier. » Très bien, Dieu veuille vous emmener au but de votre désir ; mais dites-moi, je vous prie, qu’est-ce que vous allez y faire ? « Je vais demander à Dieu des consolations. » Vous ne voulez donc pas ajuster votre volonté à celle de Dieu, qui veut peut-être que vous ayez des imperfections ? Ce n’est pas être « juste ». « Je vais demander à Dieu qu’il me délivre de tant de distractions qui m’arrivent pendant que je médite. » Hélas, ne voyez-vous pas que tout cela ne rend pas votre volonté unie et ajustée à celle de Notre Seigneur ; peut-être veut-il, qu’en entrant dans la prière, vous soyez résolue d’accepter les distractions qui survien­draient ; il est certain que votre prière ne sera pas moins agréable à Dieu, et ne vous sera pas moins utile si elle est faite avec plus de difficultés.
 La seconde condition pour bien prier est que nous attendions, comme St Siméon, la rédemption d’Israël, c’est-à-dire que nous vivions dans l’attente de notre propre perfection. Qu’ils sont heureux ceux qui vivent dans l’attente et ne se lassent point d’attendre ! Faisons confiance à la divine Providence, qui aura soin de nous consoler, comme St Siméon, au temps où elle a prévu de le faire.

Enfin il est nécessaire que nous fassions place en nous au Saint Esprit si nous voulons porter entre nos bras ce divin Sauveur puisque nous ne pouvons avoir accès à son Père que par sa médiation. Et pour donner place en nous au Saint Esprit, il nous faut être simples, ajustant autant que possible notre volonté à celle de Dieu … Alors nous aurons le bonheur de porter le Sauveur entre nos bras et d’être ainsi bienheureux éternellement.  

Monastère de la Visitation Fribourg