03.01.21 – « Or, voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem. »


Boire à la source avec François de Sales.
Année B 2021 Epiphanie Mt 2,1-12
Notes de deux sermons du 6 janvier 1609-1615 (VIII 39-161)


Adorer le Christ est le plus ancien des préceptes. Déjà, ce commandement avait été fait aux anges, sa violation fut cause de leur chute… Aussi les anges sont-ils les premiers à adorer le Christ : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux ! » Ensuite, viennent les bergers qui représentent les fidèles, maintenant, c’est le tour des païens. L’Église célèbre cette dernière adoration par une fête des plus solennelles, car, dans ces prémices de la gentilité, l’Église elle-même adore le Seigneur.

Cette adoration a une immense portée. Ce sont des Mages qui adorent, c’est-à-dire des païens. Ils adorent un enfant. Ils viennent de loin. Ils offrent des dons. Jamais le Christ n’a reçu de dons plus magnifiques ! On lit dans l’Exode « Tu ne paraîtras pas devant moi les mains vides » et dans le Deutéronome « Personne ne paraîtra devant moi les mains vides. » C’est pourquoi il nous est nécessaire de connaître la manière d’offrir à Dieu nos présents. Nous l’apprendrons par l’exemple des Mages. Ils offrirent leurs dons avec foi et piété, car le don fait par une main dépravée est dépravé ; de là, le soin que les prêtres de l’ancienne Alliance avaient de se laver les mains. Les deux neveux de l’empereur Constance, Gallus et Julien, voulaient édifier un temple sur la sépulture du Bienheureux Marnas. Gallus avait une vraie piété ; la partie qu’il devait construire s’éleva sans obstacle. Celle de Julien, au contraire, était sans cesse secouée par des tremblements de terre, comme si la terre eut voulu la rejeter de son sein…

Sénèque nous raconte : « Un grand nombre de disciples offraient à Socrate de riches présents. Eschine, pauvre auditeur, lui dit : « Pour moi, je ne trouve rien qui soit digne de toi, et c’est en cela que je me reconnais pauvre. C’est pourquoi je veux te donner le seul bien que je possède, moi-même. Je te prie d’agréer ce don » Socrate répondit : « Ton présent n’est petit que dans ta propre estime. J’aurai soin de te restituer un jour à toi-même, meilleur que tu n’étais ! »

Monastère de la Visitation Fribourg