04-01.26 – « Nous avons vu se lever son étoile et nous sommes venus nous prosterner devant lui. »
Avec François de Sales, chercher la perle dans la Parole.
Epiphanie du Seigneur Année A Mt 2, 1-12
Sermon du 6 janvier 1609 (VIII 38)
Grande fête que celle où l’Église des Incroyants est acceptée par le Christ et reçoit le Christ. Si Abraham fit un festin le jour où Isaac fut sevré, c’est aujourd’hui une grande fête parce que les incroyants sont sevrés de l’idolâtrie et viennent au Christ et à la Maison du pain[1]. Pour contempler ce mystère, nous ne voulons pas d’autre étoile que Marie.
Aujourd’hui, jour des dons, jamais le Christ n’a reçu de don plus magnifique. Il nous faut connaître la manière d’offrir à Dieu nos présents. Nous l’apprendrons par l’exemple des Mages ; examinons donc ces circonstances : Qui offre quoi? À qui, pourquoi, et comment ?
Qui sont-ils ? Des Mages, non des magiciens, mais des rois sages ; sans avoir la foi, ils croyaient. Des rois pieux, qui observaient les étoiles en vue de la prophétie de Balaam dont parle le livre des Nombres. Leur dévotion est démontrée parce qu’ils quittent leurs royaumes, accourent et se présentent avec intrépidité au roi Hérode, et lui confessent ingénument leur foi.
Qu’apportent-ils ? L’or, l’encens et la myrrhe. Les docteurs sont divisés quand ils expliquent la raison de tels présents. Ils donnèrent ce que leur pays d’Arabie leur fournissait. « Honore le Seigneur de ton bien », nous disent les Proverbes.
Saint Bernard dit qu’ils firent ces présents parce que Jésus était pauvre, logé dans une étable, frêle et délicat.
Saint Augustin dit que les Mages donnèrent de l’or, comme à un roi ; de l’encens, comme à un Dieu ; de la myrrhe, comme à un mortel.
Pour moi, je ne trouve rien qui soit digne de Toi, et c’est en cela que je me reconnais pauvre. C’est pourquoi je veux Te donner le seul bien que je possède, moi-même ; je Te prie d’agréer ce don.
Monastère de la Visitation Fribourg
[1] Bethléem
