07.09,25 – « Celui qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple. »
Avec François de Sales, puiser à la Source de la Parole.
23ème dimanche ordinaire Année C Luc14, 25-33
Sermon du 2 oct. 1622 (X 392)
Notre Sauveur ne dit pas : « Qui ne renonce à une bonne partie de ce qu’il a », mais il se sert de ce mot « tout », qui rejette toute sorte d’exception… Quitter tout ce que nous possédons, non pas seulement par un esprit de renoncement, mais aussi de fait, et se dépouiller de toutes les choses de ce monde transitoire. Cependant qui ignore que David a été un grand roi ? Et pourtant, sans quitter cette dignité, il a mené une vie prophétique et toute pleine de sainteté…
Il nous faut reconnaître les choses que nous possédons, car pouvons-nous renoncer à ce que nous ne possédons pas ? Oui, nous le pouvons en quelque sorte, parce que nous pouvons quitter les choses futures que nous espérons avoir, comme une succession ou un honneur… Mais, me demandera quelqu’un, « Ceux qui n’ont rien, ou bien peu, à quoi peuvent-ils renoncer ? » À cela je réponds qu’il est convenable que celui qui a peu quitte peu, et que celui qui a beaucoup quitte beaucoup. Et de fait, nous sommes également riches, car, à proprement parler, nous ne possédons pas les biens de ce monde : ceci est fort clair. Pensons-nous posséder une grosse somme d’argent, les voleurs peuvent s’en rendre propriétaires ! Espérons-nous recueillir de bonnes récoltes, il arrivera un accident de grêle et autre mauvais temps qui nous en ôteront la jouissance…
A la vérité, nous nous connaissons mal : ainsi nous ne sommes pas maîtres de notre imagination, puisque nous ne pouvons pas nous prémunir des nombreuses illusions qui nous envahissent ; il faut en dire autant de notre mémoire, car combien de fois nous voudrions nous souvenir de certaines choses, et nous ne le pouvons, ou au contraire ne pas nous souvenir de beaucoup d’autres que nous ne pouvons oublier.
Enfin, nous ne sommes maîtres que d’une petite partie de nous-mêmes, c’est la volonté, qui nous est tellement personnelle que Dieu même n’a pas voulu intervenir, afin que l’homme soit libre ou d’embrasser le mal, ou de suivre le bien, comme il le désire.
Monastère de la Visitation Fribourg
