10.04.22 – « Ils amenèrent l’âne auprès de Jésus, jetèrent leurs manteaux dessus, et y firent monter Jésus. »


Découvrir une vie de prière avec François de Sales.
Année C Dimanche des Rameaux  Luc 19, 28-40
Notes d’un sermon du 20 mars 1622 (X353-356)


Au sujet de cette fête où Notre Seigneur fit son entrée en Jérusalem, j’ai pensé vous parler des raisons qui le firent choisir une ânesse et un ânon pour cette entrée royale… La première est l’humilité de cet animal, la seconde sa patience, et la troisième, qu’il se laisse charger…

La première est l’humilité : il choisit donc entre tous les animaux, le plus simple et le plus humble, parce qu’étant grandement amoureux de l’humilité, aucun ne peut lui servir de monture s’il n’est humble. Dieu n’habite ni ne se repose que dans le cœur humble et simple…Alors il a choisi cette vertu pour le jour de son triomphe. On ne l’a point humilié ni méprisé sans qu’il ne l’ait voulu, c’est lui-même qui s’est abaissé et qui a fait le choix des déshonneurs ; car lui, qui était en tout égal à son Père, sans cesser de demeurer ce qu’il était, a voulu être le rebut de tous les hommes. Néanmoins, bien qu’il se fût humilié de la sorte, il pouvait dire qu’il était égal au Père et au Saint Esprit, ayant la même puissance et sagesse …

La seconde, c’est la patience, car cet animal endure tous les mauvais traitements avec une grande patience. Notre-Seigneur a tellement aimé cette vertu qu’il a voulu se rendre semblable à cette vertu ; car il a souffert avec une patience remarquable lorsqu’il était battu et maltraité.  Il a supporté tant de calomnies sans dire mot. Or, l’humilité a une si grande convenance et rapport avec la patience qu’elles ne peuvent guère aller l’une sans l’autre : celui qui veut être humble, il faut qu’il soit patient pour supporter les mépris que les humbles et les petits souffrent… car on ne saurait supporter longuement les adversités de cette vie, sans avoir l’humilité, qui nous rend doux et patients…

Le troisième motif vient du fait que cet animal est obéissant et se laisse charger comme on veut et autant que l’on veut, sans répugnance et sans secouer en aucune manière le fardeau qu’on lui met dessus… Notre divin Maître a voulu porter le pesant fardeau de nos péchés.

Oh! que bienheureuses sont les âmes qui sont souples et soumises, et supportent de bon cœur la charge qu’on leur impose, car alors le Seigneur les conduira!

 Monastère de la Visitation Fribourg