12.3.23 – « … Si tu savais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : “Donne-moi à boire. »
Avec François de Sales, laissons la Parole s’épanouir en nous.
Année A 3ème dimanche carême Jean 4, 5-42
D’un sermon du 3ème vendredi de Carême 18 mars 1594 (VII 148)
Jacob fit faire une fontaine, et Joseph y était enseveli, c’est là que Notre Seigneur était arrivé, las et fatigué du chemin qu’il avait fait ; il s’assit sur la fontaine, comme n’importe qui. Or, Notre Seigneur n’était pas fatigué sans raison, car il avait cheminé longtemps, à pied sans doute, et il était déjà midi ;
… Voici venir la pauvre Samaritaine, mais bientôt heureuse et trois fois heureuse, qui venait chercher de l’eau : Ô bienheureuse Samaritaine, tu viens puiser l’eau du quotidien, et tu as trouvé l’eau immortelle de la grâce du Sauveur.
Heureuse Rebecca, qui, venant à la fontaine, y trouva le serviteur d’Abraham qui lui permit de rencontrer Isaac et de devenir son épouse. Mais plus heureuse es-tu, Samaritaine, tu viens chercher de l’eau maintenant, et tu trouves Notre Seigneur qui, de pécheresse que tu étais, te transforme en sa fille et son épouse.
Jésus ne lui demande pas à boire seulement pour boire, mais pour lui faire boire l’eau de la grâce. La femme lui dit : « Et comment donc me demandez-vous à boire ? » car les juifs n’ont pas de relation avec les Samaritains. Elle sait bien que ce n’est pas une affaire que de demander un peu d’eau, mais elle lui dit cela comme un reproche.
Jésus répond : « Si tu savais qui est Celui qui te demande à boire… » car c’est Celui qui est venu abreuver toutes les âmes, c’est Celui qui est venu répandre son sang pour arroser l’Eglise, c’est Celui qui est venu non appeler les justes, mais les pécheurs, à la pénitence.
Voyez comment elle va dévier les propos de Notre Seigneur : Lui parle d’un don de Dieu, elle va parler des choses de la terre. Notre Seigneur parle de l’eau vive et elle, de l’eau morte.
Considérez un peu la différence qu’il y a entre les deux eaux : l’une apaise la soif, mais ce n’est pas pour longtemps ; l’autre l’apaise éternellement. Il s’agit de deux soifs, l’une du corps, l’autre de l’âme ; car les désirs sont une soif de l’âme, comme nous dit le psaume : « Mon âme a soif de Dieu, fontaine d’eau vive. »
Monastère de la Visitation Fribourg
