14.02,21 – » Si tu le veux, tu peux me purifier. »
Boire à la source avec François de Sales.
Année B 6ème dimanche ord. Marc 1,40-45
Notes d’un sermon du 8 février 1614 (IX 16)
Il est nécessaire que nous sachions cette vérité, qui est que, tant que nous serons en cette misérable vie, nous aurons toujours besoin de nous purifier et de renoncer à nous-même ; et cette vie ne nous est donnée que pour cette fin.
C’est une illusion de croire que nous arriverons à la perfection sans n’avoir plus rien à faire, car notre amour-propre aura toujours quelques imperfections qu’il faut corriger. Notre amour-propre se sert de nos sens, et il est si malicieux que dès que nous lui laissons le pouvoir de la vue, il se saisit de celui de l’ouïe et ainsi des autres sens : bref, il nous faut toujours travailler sur nous.
Mais, quel est ce nous-même qu’il faut purifier, puisque nous en avons deux, qui font pourtant qu’une seule personne ?
Nous avons un nous-même qui est tout céleste, et qui nous fait faire de bonnes œuvres : c’est cet instinct que Dieu nous a donné pour l’aimer et pour aspirer à la jouissance de la gloire éternelle. Mais nous avons un autre nous-même et c’est celui auquel il nous faut renoncer : ce sont nos mauvaises inclinations, nos affections dissipées, et pour dire en un mot, cet amour-propre dont nous avons déjà parlé.
Il ne faut point se tromper: nous ne pouvons aller à la suite de Notre Seigneur sans renoncer tout-à-fait et sans réserve à ce nous-même. Renoncer à soi-même n’est autre chose que se purifier de tout ce qui se fait par l’instinct de notre amour-propre, lequel, nous le savons, produira toujours, tant que nous serons en cette vie, des rejetons qu’il faudra couper et retrancher, comme il faut faire à la vigne ; car il ne faut pas se contenter d’y mettre une fois la main, mais il faut la couper puis après, la dépouiller de ses feuilles et ainsi, plusieurs fois par an, il faut avoir la main à la serpe pour retrancher les superfluités.
Il faut avoir du courage pour ne jamais se laisser abattre ni étonner de nos imperfections, puisque tout le temps de notre vie nous est donné pour nous en défaire.
Monastère de la Visitation Fribourg
