15.01.23 – « L’homme qui vient derrière moi est passé devant moi, car avant moi il était. »


Avec François de Sales, laissons la Parole s’épanouir en nous
.2ème dimanche ordinaire Année A  Jean 1, 29-34
D’un sermon du 6 décembre 1620 (IX page 399 et 402)

 C’est Jean qui montra Jésus du doigt, en prononçant ces paroles : « Voici l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde. »

Il avait déjà tant prêché sa venue, ses merveilles et ses grandeurs, qu’il les envoya voir Celui qu’il leur avait annoncé. Ce doit être le but principal de tous les prédicateurs de faire connaître Dieu…

Ces maîtres et ceux qui gouvernent les âmes qui, par leurs belles paroles, tâchent d’attirer à eux les disciples qu’ils enseignent et les âmes qu’ils gouvernent, ressem­blent à ces hérétiques et autres canailles qui causent et babillent, et se donnent de la peine pour faire de beaux et subtils discours pleins de merveilles, non pour conduire les âmes à Jésus-Christ, mais à eux-mêmes.

 Ils les attirent à eux par leurs paroles, ne se servant pour cela que de bavardages et caqueterie, et par ce moyen séduisent certains esprits faibles.

Au contraire, les serviteurs de Dieu ne prêchent et n’enseignent ceux qu’ils conduisent que pour les porter à Dieu, tant par leurs paroles que par leurs œuvres. C’est ce que fait aujourd’hui saint Jean, et à cela tous les Supérieurs doivent bien prendre garde : il s’agit de porter et d’envoyer leurs disciples à Notre Seigneur afin de savoir de lui qui il est, et d’apprendre à le connaître et à faire tout ce qu’il faut pour son amour et son service…

Saint Jean, voyant l’amour et l’estime que ses disciples lui portaient, ne voulut pas être estimé plus que Jésus-Christ ; il les envoie à Lui pour être instruits et informés de la vérité.

Ce n’est pas parce que saint Jean doutât que Notre Seigneur fût le Messie qu’il lui envoya ses disciples ; mais pour leur bien et leur profit, il voulait qu’ils Le connaissent, pour ne point les attirer à lui, mais pour les détacher de lui-même, afin que voyant les merveilles que Jésus Christ opérait, ils en conçoivent l’estime qu’il fallait. Il les traite comme des petits enfants ; lui, il croit qu’il est le Fils de Dieu, l’Agneau qui ôte le péché du monde. Il pouvait bien, par ses paroles, leur faire entendre cette vérité, mais il ne le fait pas et les adresse à Notre Seigneur pour qu’Il les instruise.                           

Monastère de la Visitation Fribourg