17.07.22 – « …Jésus entra dans un village. Une femme nommée Marthe le reçut. »


Découvrir une vie de prière avec François de Sales
Année C 16ème dimanche ordinaire Luc 10, 38-42
Notes d’un sermon du 15 août 1618 (IX 187-190)


Marthe fut saisie d’une petite pointe d’envie. Il y a très peu de personnes, même parmi les plus religieuses et mystiques, qui ne soient prises par ces mouvements d’envie; et plus on est mystique, plus l’envie est fine et comme imperceptible; elle agit si adroitement que l’on a beaucoup de peine à remarquer ces mouvements.

Quand on fait la louange de quelqu’un et qu’on diminue un peu de la louange qui lui est due, qu’est-ce qui nous pousse à cela sinon l’envie que nous avons de ses vertus ? Mais Marthe dit sa petite pointe d’envie de manière joyeuse, et cela montre sa finesse. «Maître, dit-elle, permettez-vous que ma sœur ne m’aide point et qu’elle me laisse tout le soin de la maison ? Commandez-lui qu’elle vienne m’aider!» Et Notre Seigneur, qui est incomparablement bon, conscient de son imperfection, ne la reprit pourtant pas sévèrement, mais tout amoureusement, car cet évangile est tout d’amour… Certes, nous autres, nous ne saurions rien faire sans empressement, ou sans avoir grand soin du regard que l’on porte sur nous…

En effet il y a deux parties en nous qui ne font qu’un homme : il y a l’homme extérieur et l’homme intérieur. L’homme extérieur, c’est celui qui s’empresse en l’exercice des vertus qui concernent le commandement de l’amour du prochain. L’homme intérieur, c’est celui qui pratique l’amour de Dieu.

Ces deux hommes observent ainsi les deux commandements principaux, sur lesquels sont fondés la loi et les prophètes.

Les anciens philosophes ont dit qu’il faut regarder la fin plutôt que l’œuvre ; mais nous autres, faisons tout le contraire, car nous nous empressons à l’exercice de l’œuvre que nous avons entreprise, plutôt que de considérer qu’elle en doit être la fin…

Notre Seigneur dit qu’une seule chose est nécessaire : « être sauvé » ; il n’est pas utile de multiplier les moyens pour s’acheminer vers notre salut, bien qu’il faille un chemin à toutes choses. Je vous le dis en un mot : ayez la charité et vous aurez toutes les vertus.

Monastère de la Visitation Fribourg