19.02.23 – « Aimez vos ennemis »
Avec François de Sales, laissons la Parole s’épanouir en nous.
Année A, 7ème dimanche ordinaire Mt 5, 38-48
Notes d’un sermon du 17 avril 1620 (IX 270, 274)
Voyons comment Notre Seigneur se montra Rédempteur des hommes par sa Mort et sa Passion. Le peuple ayant assouvi sa cruauté barbare sur ce très doux Sauveur, l’ayant attaché à la croix, et ayant prononcé plusieurs blasphèmes, notre Sauveur se mit à dire ces divines paroles comme s’il contrecarrait ces injustes blasphèmes : Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. Mon Dieu, que ces paroles sont admirables !
Considérez, je vous prie, la douceur du cœur de Jésus, et voyez comme son amour recherche des raisons pour parvenir à son but, qui est la gloire de Dieu et le salut du prochain. Mon Père, s’écrie Jésus ; comme s’il voulait dire : Je suis votre Fils, souvenez-vous que vous êtes mon Père, et que vous ne devez rien me refuser. Et qu’est-ce qu’il demande ? Rien pour lui, car il s’est oublié lui-même. Il souffre beaucoup plus qu’on ne peut l’imaginer; pourtant il ne pense point à lui ni à ce qu’il endure; il fait tout le contraire de nous autres qui ne pouvons penser qu’à notre douleur quand nous en avons, et oublions presque tout le reste; oui, même un mal de dents nous ôte le souvenir de ce qui est autour de nous.
Le premier don qu’il fit en son testament fut de donner aux pécheurs sa grâce, pour qu’ils puissent parvenir à sa gloire, où nul ne peut entrer sans sa grâce et sans les mérites de sa Passion. En donnant sa grâce aux pécheurs, il est véritablement appelé Sauveur, il promet la gloire au bon larron qui était repentant. Mais remarquons en passant que l’un des larrons se convertit et l’autre non. Nous autres, dit le bon larron, sommes justement punis de nos méfaits, car nous avons été méchants ; il confessa ainsi ses péchés.
Nous pourrions bien en faire autant toutes les fois que nous recevons quelque tourment. Nous devrions confesser nos péchés ; mais nous nous comportons comme l’autre larron qui demeura en son endurcissement.
Après avoir fait sa confession, le bon larron demanda: Souviens-toi de moi quand tu seras en ton Royaume ! Et Notre Seigneur lui donna sa grâce : Aujourd’hui tu seras avec moi en Paradis.
Quelle douce et aimable parole !
Monastère de la Visitation Fribourg
