19.04.23 « …il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue. »
Avec François de Sales, laissons la Parole s’épanouir en nous.
Année A – 4ème dimanche carême Jean 9, 1-41
Notes d’un sermon du 8 mars 1617 (VIII 336)
Cette personne aveugle employa tous les moyens pour recouvrer la vue ; aveugle, il agit en aveugle. Bien plus, s’il n’avait pas été aveugle, le Christ, par ses remèdes, l’aurait rendu aveugle ! car la salive est agressive et la boue aussi, et mettre de la boue dans un œil sain, c’est inacceptable ! Le Christ couvrit ses yeux de boue.
Regardons cette personne aveugle circulant sur les chemins publics, les yeux souillés de boue ; ne lui dirait-on pas : « Où vas-tu, malheureux ? Ne vois-tu pas que ce médecin veut se jouer de toi ? » Il poursuivit quand même sa route, il alla, il se lava, et il vit.
Nous devons obéir simplement au Christ lorsqu’il nous dit : « Reconnais tes fautes. »
Notez en passant, que pour le paralytique guéri à la piscine de Bethesda, le Christ le guérit en lui demandant son consentement : Veux-tu être guéri ? Mais il ne parle pas de la même manière à celui-ci, parce qu’il était aveugle de naissance.
Notez aussi la progression suivie par le Christ : il voit d’abord la personne aveugle, comme le soleil voit la terre, en agissant sur elle ; il lui couvre les yeux de boue, c’est-à-dire, lui fait connaître sa misère ; puis il lui adresse ces paroles: Va à la piscine de Siloé, nom qui signifie l’envoyé. Or, que représente la piscine où Il l’envoie sinon le sacrement du pardon ? En l’instituant, le Christ ne dit-il pas : Comme mon Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie ; ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis.
Ce mendiant est guéri par ce médecin, parce que ce médecin aime les mendiants ; pour nous, bien que nous soyons aveugles, comme nous ne mendions pas, nous ne sommes pas guéris par le médecin céleste qui comble de biens les affamés et renvoie les riches les mains vides.
Monastère de la Visitation Fribourg
