20.03.22 – « Quelqu’un avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint chercher du fruit sur ce figuier et n’en trouva pas. »


Découvrir une vie de prière avec François de Sales.
Année C 3ème dimanche de Carême Luc 13,1-9
Introduction à la vie dévote 4ème partie chap. 13 (III 322)


Si notre cœur était un arbre, nos affections et nos passions en seraient les branches, nos œuvres ou nos actions, les fruits.

Le cœur est bon si ses affections et ses passions sont bonnes ; celles-ci sont bonnes quand elles produisent en nous de bons effets. Si les douceurs et consolations nous rendent plus humbles, plus patients, plus charitables et compatissants à l’égard du prochain ; plus aptes à nous défaire de nos mauvaises inclinations ; plus fidèles en nos prières, plus dociles et souples à ceux à qui nous commandent, plus simples en notre vie, alors Philothée, il ne faut pas douter qu’elles viennent de Dieu;

Mais si ces douceurs n’ont de la douceur que pour nous, qu’elles nous rendent curieux, pointilleux, impatients, entêtés, vaniteux, présomptueux, durs à l’égard du prochain, et que, pensant déjà être de petits saints, nous ne voulions plus être ni dirigés, ni corrigés, sans aucun doute ce sont là de fausses consolations malsaines : « Un bon arbre ne produit que de bons fruits ».

Quand nous aurons de ces douceurs et consola­tions, il nous faut nous humilier devant Dieu. Gardons-nous bien de nous dire : oh ! je suis quelqu’un de bien !  Non, Philothée, ce sont des douceurs qui ne nous rendent pas meilleurs, car, comme je l’ai dit, la vie spirituelle ne consiste pas en cela. Mais disons plutôt : O que Dieu est bon pour ceux qui espèrent en lui, pour l’âme qui le recher­che !  Qui a un sucre dans la bouche ne peut pas dire que la douceur vient de sa bouche, mais que le sucre est doux. Ainsi la douceur spirituelle est une bonne chose, et Dieu qui nous la donne est très bon, mais il n’en découle pas pour autant que celui qui la reçoit soit bon ! Reconnaissons que nous sommes encore des petits enfants qui avons besoin de lait et que ces friandises nous sont données comme appât pour découvrir l’amour de Dieu. 

Monastère de la Visitation Fribourg