25.09.22 – « »Il y avait un homme riche… Devant son portail gisait un pauvre… »
Découvrir une vie de prière avec François de Sales
26ème dimanche ordinaire Année C Luc 16, 19-31
Sermon du 24 février 1622 (X 249-257)
C’est toujours l’homme qui manque à la grâce et jamais la grâce ne nous manque … Mais quoi, le mauvais riche n’était-il pas appelé à une même vocation d’élu que Lazare ?
Dieu favorise ses amis en leur faisant part des richesses temporelles par lesquelles il les invite à le servir. Nous voyons donc que ce riche était appelé par Dieu aussi bien que Lazare et qu’il avait encore plus d’obligations que lui d’observer les commandements divins …
Néanmoins, nous voyons dans l’Evangile que de ces deux hommes, également appelés par Dieu, celui qui a le plus reçu, n’a pas su le servir durant sa vie et meurt misérablement, tandis que le pauvre Lazare l’a servi avec fidélité et meurt emporté par les anges.
Le premier était riche, dit l’Evangile, et avare. Il faut que vous sachiez qu’il y a deux sortes d’avarice : l’une est temporelle ; par elle on est avide d’acquérir des biens, des honneurs ; tant de personnes semblent n’avoir autre chose à faire ici-bas qu’amasser des richesses et mettre maison sur maison, champ sur champ… 0 fous que vous êtes, croyez-vous que le monde ne soit fait que pour vous ? Pensez-vous n’être sur terre que pour amasser des biens temporels ? Vous n’êtes point créés pour cela.
Il y a une autre avarice qui ne veut point quitter ce qu’elle a. Celle-ci est grandement dangereuse et se glisse partout, même dans les choses spirituelles. On verra des riches qui enfoncent tellement leur cœur dans le bien qu’ils ont, qu’il est presque impossible de les tirer de là.
Il y a même des âmes spirituelles qui possèdent ce qu’elles ont avec tant d’attachement, qu’elles commettent une espèce d’idolâtrie. S’ils prient, s’ils gardent les commandements ou pratiquent quelques autres bonnes œuvres, c’est de crainte que Dieu ne les châtie par quelque infortune.
Le mauvais riche souffrait de ces deux sortes d’avarice. Il était avide d’amasser des richesses, mais encore il serrait si fort les biens qu’il avait et les aimait si démesurément qu’il les adorait et en faisait son dieu.
Et qui peut prétendre ne pas tomber ? O Dieu, personne ! Il y a toujours à craindre, et il est nécessaire de conserver une grande humilité.
Tenez-vous bien là où vous avez été planté, chacun selon votre vocation, mais ne cessez pas de cheminer avec humilité et à tâtons tout le temps de votre vie, de peur que, voulant marcher avec trop d’assurance et de témérité, vous ne tombiez de haut !
Monastère de la Visitation Fribourg
