27.07.25 – « Seigneur, apprends nous à prier… »


Avec François de Sales,  puiser à la Source de la Parole.
17ème dimanche ordinaire  Année C  Luc 11, 1-13
Sermon du 17 février 1622 (X 227)


Ce n’est point une petite vertu que de persévérer à faire tous les jours une même prière telle celle que Notre Seigneur nous a dictée de sa propre bouche : Notre Père qui êtes aux cieux. Et n’en ferons-nous point d’autre ? Non, je ne dis pas cela. Je sais bien que l’on peut diversifier ses oraisons et méditations, car l’Eglise même nous l’enseigne ; mais il est bon d’en faire votre prière quotidienne, et même plusieurs fois par jour.

 Notre Père qui êtes aux cieux… Et qu’il serait heureux d’accompagner la prière de cette persévérance ; si lorsqu’on a des sécheresses en priant, lorsque l’on perd le goût de l’oraison, on persévérait à prier sans se lasser, ni se plaindre, se contentant de crier sans cesse : Seigneur, prends pitié de moi.

Un ancien nous dit sous forme de conte, qu’il n’y a rien qui ennuie tant le voyageur qu’un long chemin quand il est plat, ou un court quand il est tout raboteux. Il veut signifier, que c’est une chose bien difficile que la persévérance.

Le voyageur, qui marche sur un beau et plat chemin, quand il voit arriver la nuit il se fâche et s’inquiète ; il prendrait certes plus de plaisir si ce chemin était diversifié de quelque vallée ou colline. Quant au chemin raboteux, bien qu’il soit court, il fatigue et lasse le pèlerin ; il aimerait mieux qu’il fut plus long et qu’il y eut quelque plaine et vallée.

Persévérons dans la prière en tout temps ; car si Notre Seigneur semble ne pas nous entendre, ce n’est pas qu’il veuille nous repousser, mais c’est afin de nous obliger à jeter nos clameurs plus haut et nous faire davantage sentir la grandeur de sa miséricorde.          

                               Monastère de la Visitation Fribourg