28.02.21 – « ils ne virent plus que Jésus seul avec eux. »
Boire à la source avec François de Sales.
Notes d’un sermon du 23 février 1614 (IX 27-30)
Année B 2ème dim. de Carême Marc 9, 2-10
L’Eglise, au premier Dimanche de Carême, nous fait voir la tentation de Jésus-Christ, au second, sa Transfiguration et la gloire de la Jérusalem céleste, et au troisième, la providence de Dieu envers ceux qui, ayant appris de Notre Seigneur à combattre vaillamment, l’ont fait si fidèlement qu’ils ont mérité la récompense qu’il leur montre après la bataille. Nous ferons aujourd’hui quelques petites considérations sur ce sujet.
L’âme de Notre Seigneur fut bienheureuse dès l’instant de sa conception ; elle ressemblait à l’échelle de Jacob, qui de l’un des bouts touchait le ciel et de l’autre la terre. Il en était de même de la sainte âme de notre Maître, car sa partie supérieure était appuyée dans le sein de son Père, et sa partie inférieure touchait la terre par le choix qu’il avait fait de nos misères et de nos peines. Or cela étant, nous voyons clairement que le mystère de la Transfiguration ne fut point un miracle, mais une cessation de miracle, puisque les parts de gloire qui enrichissaient la partie supérieure de cette âme bénite étaient aussi dues à la partie inférieure qui n’en jouissait pas, mais était abandonnée et délaissée, à la merci de toutes nos misères et calamités.
… Les Apôtres, en se relevant, car ils tombèrent face contre terre en entendant la voix du Père éternel, ne virent plus que Jésus seul. Ceci est le souverain degré de la perfection, de ne plus voir que Notre Seigneur en tout ce que nous faisons. Plusieurs s’empêcheront bien de regarder les hommes et les choses de ce monde, mais il en est très peu qui ne se regardent point eux-mêmes ; les plus spirituels recherchent et choisissent entre les exercices de dévotion ceux qui sont plus à leur goût et plus conformes à leurs inclinations.
Il ne faut cependant voir que Dieu, ne chercher plus que lui, ni avoir d’autre affection que pour lui, et nous serons bienheureux. Les âmes qui sont parvenues à ce degré de perfection mettent un soin tout particulier à regarder et à se tenir auprès de Notre Seigneur crucifié sur le Calvaire, parce qu’elles l’y trouvent plus seul qu’en nul autre lieu.
Monastère de la Visitation Fribourg
