30.4.23 – « Ses brebis à lui, il les appelle chacune par son nom, et il les fait sortir. »    


Avec François de Sales, laissons la Parole s’épanouir en nous.
4ème dimanche de Pâques Année A Jn 10,1-10
Du Traité de l’Amour de Dieu Livre 5  chapitre 11 (IV 294)


L’Amour divin règne sur le cœur du Sauveur comme sur un trône royal. Il regarde, par la fente de son côté percé, tous les cœurs des enfants des hommes. Ce cœur, qui est le roi de tous les cœurs, tient toujours ses yeux sur nos cœurs.

 Mais comme ceux qui regardent au travers des treillis voient et ne sont qu’entrevus, ainsi le divin amour qui règne en ce cœur, ou plutôt ce cœur du divin amour, voit toujours notre cœur, le regard chargé  de tendresse. Mais nous, nous ne le voyons pas ; nous l’entrevoyons seulement.  O Dieu ! si nous pouvions le voir tel qu’il est, nous en mourrions d’amour, puisque nous sommes mortels, comme lui-même mourut d’amour pour nous tandis qu’il était mortel. 

 Il en mourrait encore, s’il n’était immortel. Oh ! si nous pouvions l’entendre ce divin cœur, entendre l’infinie douceur de sa voix quand elle chante le cantique de louange à la Divinité !

 Il nous invite ce cher Ami de notre âme : Lève-toi, dit-il, sors de toi-même, prends ton envol derrière moi, ma colombe, ma toute belle, rejoins-moi en ce lieu où tout est joie et ne respire que louanges et bénédictions.

Viens, ma bien-aimée et pour mieux me voir, viens à la fenêtre par où je te regarde, viens considérer mon cœur par la fente de la caverne qui est la plaie de mon côté, laquelle fut faite lorsque mon corps, telle une maison réduite en masure, fut si pitoyablement traité sur l’arbre de la croix. Viens et montre-moi ta face : je la vois maintenant sans que tu me la montres ; mais au ciel non seulement je la verrai, mais c’est toi qui me la montreras, car alors tu verras que je te vois.

                                                       Monastère de la Visitation Fribourg