4.09.22 – « Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher à ma suite ne peut pas être mon disciple. »


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23ème dimanche ordinaire   Année C Luc 14, 25-33
Sermons du 6 mai 1616 et 2 oct. 1622 (IX 82 et X 397)


Nous autres, qui voulons acheter le ciel et construire ce grand édifice de la perfection, nous sommes des fous lorsque nous oublions de considérer si nous avons de quoi payer, et ce qu’il faut donner pour l’avoir.

La monnaie avec laquelle il nous faut acheter cette perfection, c’est notre propre volonté, dont il faut nous défaire, en la quittant entièrement. II faut renoncer à nous-mêmes et prendre notre croix ; il faut nous défaire de nos mauvaises inclinations et humeurs.

Enfin, nous n’y arriverons jamais par une autre voie, car il nous faut tout vendre pour avoir cette perle précieuse de l’amour sacré que Dieu se prépare à nous donner, si nous sommes prêts à travailler fidèlement pour l’acquérir.

Bienheureuses sont donc les âmes qui boivent le calice avec Notre Seigneur, qui portent la croix et qui acceptent de recevoir également de sa main toutes sortes d’événements. Mais mon Dieu, qu’il s’en trouve peu ! Toutefois, je ne dis pas cela sans faire quelques exceptions…

A la vérité, nous nous connaissons mal : ainsi nous ne sommes pas maîtres de notre imagination, puisque nous ne pouvons pas nous prémunir des nombreuses illusions qui nous envahissent ; il faut en dire autant de notre mémoire, car combien de fois nous voudrions nous souvenir de certaines choses, et nous ne le pouvons pas, ou au contraire ne pas nous souvenir de beaucoup d’autres que nous ne pouvons pas oublier.

Enfin, nous ne sommes maîtres que d’une petite partie de nous-mêmes, c’est la volonté, qui nous est tellement personnelle que Dieu même n’a pas voulu intervenir, afin que l’homme soit libre, ou d’embrasser le mal, ou de suivre le bien, comme il le désire.

Monastère de la Visitation Fribourg