5.03.23 – « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! »
Avec François de Sales, laissons la Parole s’épanouir en nous.
Année A 2ème dimanche de Carême, Mat 17, 1-9
D’un sermon du 2ème dim. de Carême du 23 février 1614 (IX 29)
… Il ne faut pas dire comme saint Pierre : « Il est bon que nous soyons ici » mais : « Il est bon que nous passions par ici pour aller à la montagne du Calvaire ».
Il faut monter sur la montagne du Thabor pour y être consolé, direz-vous, car cela aide et fait avancer les âmes faibles qui n’ont pas le courage de faire le bien, s’ils ne ressentent pas de satisfaction. Certes, mais pardonnez-moi, la vraie perfection ne s’acquiert pas par la consolation.
Ne le voyez-vous pas en notre mystère d’aujourd’hui ? Ces trois Apôtres, ayant vu la gloire de Notre Seigneur, l’abandonnèrent ensuite lors de sa Passion, et saint Pierre, qui avait parlé toujours plus hardiment, commit néanmoins un très grand péché en reniant son Maître.
On descend de la montagne du Thabor pécheur, mais au contraire on descend de celle du Calvaire pardonné, à condition de se tenir ferme au pied de la Croix comme Notre Dame, qui est le modèle de tout ce qu’il y a de beau au ciel et sur la terre.
Et l’on entend la voix du Père éternel qui dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le ». Il faut donc obéir au Père éternel en suivant Notre Seigneur pour écouter sa Parole. Et ainsi il nous enseigne que tous, quelle que soit notre condition, nous devons prier et faire oraison, car c’est là où Notre Seigneur nous parle. Je ne dis pas que nous devons faire autant d’oraison les uns que les autres, car il ne serait pas judicieux que ceux qui ont beaucoup d’affaires demeurent aussi longtemps en oraison que les Religieux.
Mais il ne servirait à rien de l’écouter si nous ne faisions pas ce qu’il nous dit, observant fidèlement ses commandements et ses volontés.
Or, pour l’écouter, il y aurait beaucoup de gens ; de même pour le suivre sur la montagne du Thabor, mais fort peu pour l’accompagner sur celle du Calvaire. Celle-ci est néanmoins plus profitable que l’autre ; de même il est plus profitable d’accomplir la volonté de Dieu, ou bien de l’aimer malgré un événement qui nous contrarie, que d’écouter parler Notre Seigneur, dans la consolation que l’on reçoit, parfois, durant l’oraison.
Monastère de la Visitation Fribourg
