6.02.22 – « Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. » Alors… laissant tout, ils le suivirent. »
Découvrir une vie de prière avec François de Sales.
Année C 5ème dimanche ordinaire Luc 5, 1-11
Notes d’un sermon du 2 oct. 1622 (X 397)
Mais, me demandera quelqu’un, à quel propos est-il dit qu’il faut renoncer à tout ?… Ceux qui n’ont rien, ou bien peu, à quoi peuvent-ils renoncer ?… À cela, je réponds qu’il est opportun que celui qui a peu, quitte peu, et celui qui a beaucoup, quitte beaucoup.
Saint Pierre qui était un simple pêcheur abandonna ses filets, ce qui était peu ; saint Matthieu qui était un riche banquier laissa de grands moyens ; toutefois l’un et l’autre obéirent également au commandement, étant égaux en volonté.
Mais, de plus, ils étaient riches de manière égale, car, à proprement parler, nous ne possédons pas les biens de ce monde : ceci est fort clair. Pensons-nous posséder une grosse somme d’argent ? les voleurs peuvent s’en rendent souvent maîtres ; espérons-nous recueillir quelque chose de la terre ? il arrivera un accident de grêle qui nous en ôtera la jouissance.
En vérité, nous ne possédons qu’une petite partie de nous-mêmes ; ainsi, nous ne sommes pas maîtres de notre fantaisie, puisque nous ne pouvons pas nous préserver d’un nombre presque infini d’illusions et d’imaginations qui nous surviennent ; il faut en dire autant de notre mémoire, car combien de fois voudrions-nous nous souvenir de plusieurs choses et nous ne pouvons le faire, ou au contraire, ne pas nous souvenir de beaucoup d’autres que nous ne pouvons oublier ?
Enfin, parcourez tant qu’il vous plaira tout ce qui est en nous, vous ne trouverez qu’une seule petite partie dont nous soyons maîtres : c’est la volonté ; elle nous appartient tellement, que même Dieu n’a pas voulu s’en réserver le dessus, donnant à l’homme toute capacité, ou d’embrasser le mal ou de suivre le bien, selon son choix.
Monastère de la Visitation Fribourg
