24.01.2021 – « Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. »
Boire à la source avec François de Sales.
Année B 3ème dimanche ordi. Marc 1, 14-20
D’un sermon du 26 juillet 1618 (IX 172)
Le Royaume des Cieux est semblable au marchand qui vend tout ce qu’il a pour acheter la perle inestimable qu’il a trouvée. Le pur amour de Dieu est une perle précieuse que les chercheurs du ciel trouvent, et pour l’acheter, il faut qu’ils vendent tout ce qu’ils ont.
Nous voyons que ces anciens chrétiens qui ne se contentaient pas d’observer les commandements de Dieu, mais aussi se mettaient à la pratique exacte de ses conseils, quittaient tout sans réserve ; on peut véritablement assurer qu’ils n’avaient qu’un cœur et qu’une âme, car le mot de tien et de mien n’était jamais entendu parmi eux.
Mais écoutez, je vous prie, St Pierre dire au Seigneur : « Voici, nous avons tout quitté, quelle récompense en aurons-nous ? » Sur quoi St Bernard lui parle en ces termes : « O pauvre St Pierre, comment pouvez-vous ainsi vous vanter d’avoir tout quitté, et quelle raison avez-vous d’exagérer l’abandon de ce que vous avez fait, disant que vous avez quitté toutes choses, puisque vous n’étiez qu’un pauvre pêcheur et n’aviez quitté qu’une petite barque et des filets ? » A quoi il répond lui-même : « C’est assez de tout quitter et de s’abandonner soi-même. C’est une prétention bien haute que de conquérir le pur amour de Dieu. »
Si vous voulez l’avoir, vous le pouvez, mais il faudra aussi faire l’abandon complet de tout, et surtout, il vous faudra vous quitter vous-même, le pur amour de Dieu ne pouvant souffrir aucun compagnon. Il ne veut pas seulement être exempt de rival, mais il veut être seul dans nos cœurs et y régner paisiblement car quand il cesse de régner, il cesse d’être.
Nous avons deux nous-mêmes qu’il faut abandonner totalement et sans aucune réserve. Nous avons ce nous-même extérieur que saint Paul appelle vieil homme ; nous avons encore l’autre nous-même, qui est notre propre jugement et notre propre volonté, et en ce nous-même-là consiste le nœud de l’affaire. « Ce n’est plus moi qui vis, dit saint Paul, c’est Jésus qui vit en moi ! »
Monastère de la Visitation Fribourg
