22.08.21 – « Tu as les paroles de la vie éternelle. »

Boire à la source avec François de Sales.
Année B 21ème dim. Ordinaire Jean 6, 60-69
Notes d’un sermon du 30 septembre 1618 (IX 193)


A un docteur de la loi qui lui demandait quel était le plus grand commandement, le Seigneur répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu d’un amour de dilection, de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit, de toute ta pensée, de toutes tes forces, et enfin de tout ce que tu as et de tout ce que tu es. »

Premièrement, je m’arrête sur cette parole : Tu aimeras Dieu d’un amour de dilection, c’est-à-dire d’un amour d’élection. Il faut considérer toutes ces paroles l’une après l’autre parce qu’elles méritent d’être pesées, à cause de l’immense désir que notre Seigneur témoigne quand il veut que nous l’aimions de manière unique et parfaite, autant que nous puissions le faire en cette vie. Dieu veut être aimé d’un amour d’élection. Il ne se contente pas d’être aimé d’un amour commun, ainsi que nous faisons avec nos semblables, mais d’un amour d’élection, choisi et élu entre tous les autres, de sorte que tous les amours que nous avons pour les créatures ne soient que des images en comparaison de celui-ci. Mon Dieu, est-il bien raisonnable que cet amour domine et surpasse tous les autres, qu’il règne et commande et que tout lui soit soumis ? Aimer le Seigneur d’un amour d’élection, c’est le choisir entre mille, comme l’Epouse du Cantique des Cantiques : « Mon Bien Aimé est beau à merveille, toutes sortes de perfections sont en lui, je l’ai choisi entre mille, c’est-à-dire parmi une infinité … »

Or, quand vient le moment d’élire un objet pour notre amour, nous aurions grand tort de ne pas le chercher parmi tous les sujets qui sont aimables, afin de choisir le meilleur. Mais dites-moi, peut-on rencontrer un objet plus excellent que la Divinité même ? Mise à part son incomparable beauté, considérons son indicible bonté qui nous a, par tant et tant de façons, témoigné qu’elle nous aime et désire infiniment que nous l’aimions. Qu’est-ce qui peut davantage émouvoir notre volonté d’aimer, que de se voir si parfaitement aimé ? Mais de qui ? De Dieu même. Ô que ce commandement d’aimer Dieu est aimable !  

Monastère de la Visitation Fribourg