24.10.21 – « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. »
Boire à la source avec François de Sales.
Année B 30ème dim. Ordinaire Marc 10, 46b-52
Notes du 3ème entretien sur la confiance (VI 20)
Vous me demandez si une âme ayant le sentiment de sa misère peut aller à Dieu avec une grande confiance. Or, je réponds que non seulement l’âme qui a la connaissance de sa misère peut avoir une grande confiance en Dieu, mais elle ne peut avoir une vraie confiance que si elle a la connaissance de sa misère, car cette connaissance de notre misère nous introduit devant Dieu. Ainsi tous les grands saints, comme Job, David et les autres, commençaient toutes leurs prières par la confession de leur misère.
Si Dieu n’avait pas créé l’homme, il eut été vraiment bon, mais pas miséricordieux, car la miséricorde ne s’exerce qu’envers les misérables. Vous voyez bien que plus nous nous connaissons misérables, plus nous avons l’occasion de nous confier en Dieu, puisque nous n’avons pas de quoi nous confier en nous-mêmes. La défiance de nous-mêmes provient de la connaissance de nos imperfections. On peut douter de soi-même, mais à quoi nous servirait-il de le faire, sinon pour mettre toute notre confiance en Dieu et croire en sa miséricorde ?
Les fautes et les infidélités que nous commettons tous les jours doivent bien nous troubler lorsque nous voulons nous approcher de Dieu, et il est bien raisonnable qu’ayant offensé Dieu nous nous retirions un peu par humilité, et demeurions confus.
Ce petit retour en arrière ne se fait que pour mieux s’élancer en Dieu par un acte d’amour et de confiance ; mais nous ne devons pas confondre honteux avec peine d’avoir manqué : c’est l’amour propre qui nous donne ces confusions-là, parce que nous sommes mécontents de n’être pas parfaits, non pas tant pour l’amour de Dieu que pour l’amour de nous-même.
Et même si vous ne sentez pas une telle confiance en Dieu, il faut en faire les actes.
Monastère de la Visitation Fribourg
