20.02.22 – « Donne à quiconque te demande… »
Découvrir une vie de prière avec François de Sales
Année C 7ème dimanche ordinaire Luc 6, 27-38
Notes d’une lettre à Mme des Gouffiers Mai 1621 (XX 70)
Ecoutez le conseil de l’Apôtre, de cet homme qui ne vivait plus en lui-même, mais Jésus-Christ vivait en lui. « Pourquoi ne pas vous laisser dépouiller ? » dit-il, et notez qu’il parle, non à une fille qui aspire à la vie parfaite, mais à tous les Corinthiens ; notez qu’il veut qu’on accepte l’injustice, qu’il leur dit que c’est une erreur pour eux de condamner ceux qui les trompent.
Mais quel péché ? Péché parce que, par cette attitude, ils scandalisent les mondains infidèles qui disent : »Voyez comment ces chrétiens sont chrétiens! Leur Maître dit : A celui qui veut ôter ta tunique, donne-lui encore ton manteau; voyez, comment, pour des biens temporels, ils prennent le risque de perdre les biens éternels et l’amour tendre et fraternel qu’ils doivent avoir les uns pour les autres. »
Notez, dit saint Augustin, la leçon de Notre Seigneur ; il ne dit pas : A qui veut t’enlever une bague, donne-lui ton carcan, qui sont l’un et l’autre superflus ; mais il parle de la tunique et du manteau qui sont choses nécessaires. Oh ! ma fille, voilà la sagesse de Dieu, voilà sa prudence ; elle consiste en la simplicité, l’esprit d’enfance, et, pour parler comme saint Paul, en la folie de la Croix.
Mais, la prudence humaine me dira : à quoi voulez-vous nous réduire ? Qu’on nous foule aux pieds, qu’on nous torde le nez, qu’on se joue de nous comme d’une marionnette, qu’on nous habille et déshabille sans que nous disions mot ? Oui, il est vrai, je veux cela ; et si je ne le veux pas moi, Jésus-Christ le veut pour moi.
…Oh ! me direz-vous, ma fille, « mon Père vous êtes bien sévère tout à coup » – « Ce n’est pas tout à coup, car dès que j’ai découvert un peu le fruit de la Croix, ce sentiment entra dans mon âme et n’en est jamais sorti…
… Et oserais-je vous avouer à l’oreille de votre cœur ? Je ne pris jamais ma revanche, ni ne fis de mal, qu’à contre-cœur. »
Monastère de la Visitation Fribourg
