8.05.22 – « Mes brebis écoutent ma voix; moi je les connais, et elles me suivent. »
Découvrir une vie de prière avec François de Sales
Année C 4ème dimanche de Pâques Jean 10, 27-30
De l’introduction à la vie dévote 2ème partie chap. 12 (III 91)
Ici, chère Philothée, je voudrais que vous soyez très attachée à suivre le conseil que je vais vous donner, car il s’agit d’un des moyens les plus sûrs pour votre progrès spirituel.
Au cours de la journée, revenez à Dieu le plus souvent que vous pourrez selon les manières que je vous ai indiquées : pensez à ce que Dieu fait et à ce que, vous, vous faites. Vous constaterez que son regard est toujours tourné vers vous, perpétuellement fixé sur vous par l’amour incomparable qu’il vous porte. « Ô Dieu, pourquoi ne suis-je pas toujours tournée vers vous, comme vous l’êtes vers moi ? Pourquoi pensez-vous si souvent à moi, et moi si rarement à vous ? Où sommes-nous, ô mon âme ? Notre vraie place, n’est-elle pas en Dieu ? Où sommes-nous donc ? »
Comme les oiseaux ont des nids pour s’y blottir, comme les cerfs ont des buissons pour refuge, et en été l’ombre des taillis pour s’abriter du soleil, ainsi Philothée, notre cœur doit choisir chaque jour un lieu où il se tiendra près de Notre Seigneur : le Calvaire, ou ses plaies, ou quelque endroit de lui-même où le trouver. Vous saisirez toutes les occasions de vous y retirer.
Vous y serez comme dans une citadelle, reprenant souffle au milieu des affaires et vous protégeant des tentations. Bienheureuse sera l’âme qui pourra dire en vérité à Notre Seigneur : » Vous êtes la maison fortifiée qui me sauve, mon rocher, mon rempart, mon abri contre la pluie et un ombrage contre l’ardeur du midi. »
Pensez souvent, Philothée, à vous retirer dans la solitude de votre cœur alors que vous êtes au milieu des conversations et des affaires. Si nombreux qu’ils soient, ceux qui vaquent autour de vous ne seront pas un obstacle, car ils côtoient seulement votre corps ; votre cœur, lui, demeure seul, en Dieu seul !
Les conversations ne sont pas d’ordinaire si sérieuses que l’on ne puisse de temps en temps en retirer son cœur pour le remettre en cette divine solitude. Il faut se ménager un petit oratoire intérieur où se retirer en solitude, sans cesser de vaquer à ses obligations extérieures.
Monastère de la Visitation Fribourg
