14.08.22 – « Jésus disait à ses disciples : Je suis venu apporter un feu sur la terre. »
Découvrir une vie de prière avec François de Sales
Année C 20ème dimanche ordinaire Lc 12, 49-53
Traité de l’Amour de Dieu Livre 10 chap. 13 et livre 2 chap. 8 (V 209 et IV 112)
Dieu dit : « Moi, le Seigneur ton Dieu, je suis un Dieu jaloux ! » Dieu est donc jaloux, mais de quelle nature est cette jalousie ? Au premier abord, elle semble être une jalousie de convoitise, comme celle des époux pour leur épouse. Il tient tellement à ce que nous lui appartenions tout entiers, qu’il veut que nous ne soyons à personne d’autre qu’à lui. « Nul, dit-il, ne peut servir deux maîtres. » Il demande tout notre cœur, toute notre âme, tout notre esprit, toutes nos forces. C’est pour cela qu’il se nomme notre Epoux, et qu’il nomme notre âme son épouse ; et qu’il qualifie nos éloignements d’adultère.
Ce Dieu de toute bonté n’a-t-il pas raison de désirer tout notre cœur ? Notre cœur, en effet, est trop petit pour produire un amour qui soit digne de la divine Bonté. Aussi puisqu’il est incapable d’aimer Dieu comme il mériterait d’être aimé, ne convient-il pas qu’il lui donne au moins tout l’amour dont il est capable ? Le bien le plus digne d’être aimé ne doit-il pas être souverainement aimé ? Or, aimer souverainement, c’est aimer totalement.
Pourtant cette jalousie que Dieu éprouve à notre égard n’est pas une jalousie de convoitise. Elle provient d’une amitié qui est au-dessus de tout. Car ce n’est pas son intérêt que nous l’aimions, c’est le nôtre. Notre amour ne lui est en rien utile, c’est son amour qui nous est grandement utile et profitable. Voilà pourquoi il met sa joie à être aimé de nous.
Dieu désire infiniment que nous l’aimions, afin que nous soyons sauvés ; et il désire que nous soyons sauvés afin que nous l’aimions éternellement. Son amour ne tend qu’à notre salut et notre salut qu’à son amour. « Je suis venu pour mettre le feu au monde, et comme je voudrais qu’il brûle ? » Et pour nous faire connaître plus vivement encore l’ardeur de son désir, il nous demande de l’aimer en des termes bouleversants : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toutes tes forces, c’est le premier et le plus grand commandement. » Vraiment, Théotime, combien le cœur de Dieu est amoureux de notre amour !
Monastère de la Visitation Fribourg
