27.11.11 – » Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y pensez pas que le Fils de l’Homme viendra. »
Avec François de Sales, laissons la Parole s’épanouir en nous.
1er dimanche Avent Année A Mat 24, 37-44
Sermon du 10 mars 1622 (X 323-325)
Nos anciens pères enseignent que nous devons craindre la mort sans la craindre : que veut dire cela ? Bien qu’il faille la redouter, notre crainte ne doit pas être excessive et doit être accompagnée de tranquillité. Car les chrétiens doivent marcher en compagnie de la providence de Dieu et être prêts à embrasser tous les événements de cette douce providence qui saura bien prendre soin de nous.
Ne nous laissons donc point aller à des frayeurs chagrines, comme il arrive à certaines personnes qui, pour avoir pensé à la mort, en seront inquiètes tout le jour…
Ce n’est pas ainsi qu’il faut y penser, ni se faire du souci pour savoir quand nous mourrons et en quel lieu. Laissons ce soin à la divine providence qui s’occupe bien des oiseaux du ciel, dont aucune plume ne tombe sans sa permission. Dieu a compté tous les cheveux de notre tête, il prendra soin de nous. Il me suffit d’être tout à lui, non seulement par devoir mais aussi par affection.
Pourquoi se soucier du reste ? Il faut nous abandonner à cette douce providence qui ne nous manquera ni dans la vie ni dans la mort. Saint Augustin nous l’enseigne quand il dit : « Pour bien mourir, il faut bien vivre. »…
Notre crainte doit être tranquille et pleine d’espérance, puisque Dieu nous a laissé tant de moyens pour bien mourir et, entre autres, la contrition qui peut effacer tous nos péchés.
Nous avons encore les sacrements pour nous laver de nos torts, car ils sont comme des ruisseaux par lesquels les mérites de la Passion du Sauveur coulent en nous, et par eux la grâce perdue nous est rendue…
Toute la perfection chrétienne consiste en ce point : ne rien demander à Dieu et ne rien refuser de Dieu. Ne pas lui demander la mort, mais ne pas la refuser quand elle viendra.
Bienheureux ceux qui seront en cette sainte indifférence et qui, en attendant ce que Dieu ordonnera d’eux, se prépareront par une bonne vie à bien mourir !
Monastère de la Visitation Fribourg
