16.4.23 – « L’un des douze, Thomas, n’était pas avec eux… »
Avec François de Sales, laissons la Parole s’épanouir en nous
2ème dimanche de Pâques Année A Jean 20,19-31
Sermon du 26 avril 1620 (IX 311)
Voyez, je vous prie, le pauvre saint Thomas ; il s’était absenté de la compagnie des Apôtres pour aller se promener, séparation qui lui coûta cher. En quittant la communauté, il risqua de se perdre, si la bonté de Son Seigneur ne l’avait secouru avec miséricorde…
Grande fut la tristesse et l’ennui de saint Thomas quand il entendit que ses compagnons avaient vu Notre Seigneur, et son esprit et son jugement étaient tellement préoccupés de cette venue, qu’il commença à s’obstiner et à croire que cela n’était pas vrai ; et plus on voulait le retirer de son incrédulité, plus il s’obstinait à soutenir qu’il n’en croirait rien. Saint Pierre, en qui il avait tellement confiance, lui disait : « C’est vrai, Thomas, je l’ai vu, il m’a fait l’honneur de m’apparaître aussi en particulier. » Tout cela n’y faisait rien… 0 Dieu, quelle dureté de cœur ! car il persévérait en son obstination, disant toujours qu’il ne croirait point s’il ne touchait et ne voyait lui-même les plaies de son Maître.
Le chagrin trouble le jugement, et tant qu’il est dans l’âme, elle est en extrême danger de commettre de grandes erreurs, parce qu’on rejette tout à ce moment-là, et l’explication et l’information…
L’incrédulité de saint Thomas prit aussi sa source dans l’orgueil et la vanité : « Et pourquoi serait-il apparu à tous sauf à moi ? »
Notre Seigneur tout bon et tout miséricordieux, ne pouvant plus souffrir que cette chère brebis de son troupeau demeurât errante et vacillante en la foi, vint tout doux et bienveillant trouver saint Thomas en présence des autres Apôtres, et après les avoir salués selon son habitude en disant : « Paix à vous », il s’adresse au plus malade de tous. Il contrecarre son incrédulité, l’appelle par son nom et lui dit : »Thomas, mets ton doigt dans les ouvertures de mes mains, et fourre si tu veux toute ta main dans la plaie de mon côté, et prends si tu veux mon cœur (car, bien qu’il ne le dise pas : Prends mon cœur, il semble qu’il voulait le signifier, lui donnant la liberté de le toucher). Je suis Celui qui est, alors ne sois plus incrédule, mais fidèle. » 0 Dieu, quelle confusion pour le saint Apôtre, qui dit alors ces paroles de fidélité : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Et à l’instant ses yeux furent ouverts…
Monastère de la Visitation Fribourg
