23.4.23 – « Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent… »
Avec François de Sales, laissons la Parole s’épanouir en nous.
3ème dimanche de Pâques Année A Luc 24,13-35
Du Traité de l’Amour de Dieu Livre 6 chapitre 11 (IV 339)
La sainte paix à divers degrés : quelquefois, elle saisit toutes les puissances de l’âme qui se sont unies à la volonté ; quelquefois, elle ne saisit que la volonté ; dans ce cas, la volonté peut être en paix soit de manière sensible, soit de manière imperceptible.
En effet il arrive parfois que l’âme éprouve un contentement incomparable, une grande douceur intérieure, à sentir que Dieu est présent, comme il advint à sainte Élisabeth quand Notre Dame la visita.
D’autres fois, l’âme a une certaine douceur d’être en la présence de Dieu, mais celle-ci lui est imperceptible, comme il advint aux disciples d’Emmaüs qui ne s’aperçurent de l’agréable plaisir qu’ils avaient ressenti en marchant avec Notre Seigneur, qu’après être arrivés et l’avoir reconnu à la fraction du pain.
Quelquefois, non seulement l’âme s’aperçoit de la présence de Dieu, mais elle l’entend lui parler par certaines lumières, certaines évidences intérieures, qui tiennent lieu de paroles. D’autres fois, elle sent que Dieu lui parle, et qu’elle aussi lui parle, mais de manière si secrète, si douce, si discrète, qu’elle ne perd aucunement la paix et la quiétude ; sans se réveiller, elle veille avec lui, c’est-à-dire qu’elle parle à son Bien Aimé cœur à cœur, avec la même douce tranquillité que si elle sommeillait.
Ou bien encore, elle sent bien que l’Époux lui parle, mais elle ne saurait lui répondre, soit parce que le plaisir de l’entendre, et la vénération qu’elle lui porte, la tiennent en silence ; soit parce que son âme est dans la sécheresse et très affaiblie. Elle n’a de force que pour l’entendre et non pas pour lui parler. Comme il arrive quelquefois à ceux qui s’endorment ou qui sont très affaiblis par la maladie.
D’autres fois enfin, elle n’entend pas son Bien-Aimé, elle ne lui parle pas, elle ne sent aucun signe de sa présence. Elle sait simplement que Dieu est là, et qu’il lui plaît qu’elle soit là… Oui, on se maintient en la présence de Dieu, non seulement en l’écoutant, en le regardant, en lui parlant, mais aussi en attendant qu’il lui plaise de nous regarder, de nous parler, de nous permettre de lui parler. Ou encore, en ne faisant rien de tout cela, mais en demeurant simplement là où il lui plaît que nous soyons, et parce qu’il lui plaît que nous y soyons.
Monastère de la Visitation Fribourg
