08.09.24 –  » Il lui dit : Effata ! Ouvre-toi! »


Avec François de Sales, faire rayonne la  bonté de Dieu.
23ème dimanche ordinaire  Année B  Marc 7, 31-27
Traité de l’amour de Dieu Livre 2 chapitre 12 (IV, 128)


Si quelqu’un disait que notre libre arbitre ne coopère pas quand il consent à la grâce de Dieu, ou qu’il ne peut pas résister à la grâce et lui refuser son consentement, il contredirait toute l’Ecriture, et tous les Pères de l’Eglise, aussi bien que l’expérience.

 Mais quand il est dit que nous pouvons rejeter l’inspiration du ciel et les attraits divins, on ne veut pas signifier par-là que nous puissions empêcher Dieu de nous inspirer ou d’attirer notre cœur. Car comme je l’ai déjà dit : cela se fait « en nous » mais « sans nous. » Ce sont des faveurs dont Dieu nous gratifie, avant même que nous y ayons pensé. Mais à nous, il revient de nous lever ou de ne pas nous lever à son appel : il nous éveille sans nous ; il ne nous lèvera pas sans nous. Or c’est résister à son appel que de ne pas se lever et de se rendormir, puisqu’il nous éveille que pour nous faire nous lever. Nous ne pouvons pas empêcher que l’inspiration ne nous presse et par conséquent ne nous secoue. Mais si à mesure qu’elle nous presse, nous la repoussons pour ne pas nous laisser emporter par son mouvement, alors nous résistons.

Ainsi le vent ayant saisi et enlevé les oiseaux apodes[1], il ne les emmènera pas bien loin s’ils n’étendent leurs ailes et ne coopèrent pas en s’élevant dans les airs et en volant. S’ils sont engourdis d’être restés trop longtemps au sol, ou si, en volant, ils sont attirés par quelque graines, s’ils tiennent leurs ailes pliées, ou se jettent à nouveau au sol, ils ont bien reçu le mouvement du vent, mais en vain, puisqu’ils n’en ont pas profité.

Théotime, les inspirations nous préviennent, elles se font sentir avant même que nous y ayons songé, mais ensuite c’est à nous d’y consentir, à nous d’y coopérer, à nous de suivre leurs attraits, à nous de nous y opposer, ou de les repousser.

Les inspirations se font sentir  » en nous, sans nous » ; elles ne sauraient, sans nous, nous contraindre à y consentir.      

                           Monastère de la Visitation Fribourg


[1] Oiseaux qui ont besoin du vent pour s’envoler.