24.11.24 – « Ma royauté n’est pas de ce monde » 


Avec François de Sales, faire rayonner la bonté de Dieu.
Dimanche du Christ-Roi   Année B  Jean 18,33-37
Sermon du 25 mars 1622 (X, 360)


Jésus de Nazareth, Roi des Juifs. Dans ce titre sont signifiées les causes de cette divine Passion ; car bien qu’il y ait quatre paroles, elles ne signi­fient pourtant pas quatre causes de sa mort, mais seule­ment deux.

Jésus veut dire Sauveur : or, il est mort parce que, pour nous sauver, il fallait mourir. Il était Nazaréen[1], à savoir saint et innocent, sans tache ni rouille de péché, mais fleurissant en toute sorte de vertus.

Roi des Juifs, c’est à dire qu’il est Sauveur et Roi tout à la fois. Il est donc Roi, mais seulement des Juifs[2], c’est-à-dire de ceux-là qui le confesseront, comme le rappelle St Paul aux Romains[3].

Et l’Ancien Testament nous en parle par le serpent d’airain que Moïse dressa sur la colonne pour guérir les Israélites mordus par les serpents…

 Ces enfants d’Israël, tirés de la servitude d’Egypte, représentent bien tout le genre humain que Dieu, par son infinie bonté, a protégé des piqûres venimeuses. Ainsi il permit que son Fils mourût et soit, comme le serpent d’airain, posé sur la colonne de la croix pour être regardé de tous ceux qui seraient mordus et entachés par le péché.

Il n’était point serpent, mais pour nous guérir des morsures du péché, à cause de l’amour immense qu’il nous portait, il se chargea de nos faiblesses et de nos misères, et fut posé sur le bois de la croix pour nous préserver de la mort et donner la Vie à tous ceux qui le regarderaient.

Il est donc mort ; mais bien qu’il soit mort et élevé sur la croix, ceux qui ne le regarderont pas mourront, car il n’y a point d’autre rédemption qu’en cette Croix.

O que le Dieu d’Israël est bon d’avoir donné aux humains une si précieuse rédemption !

        Monastère de la Visitation Fribourg


[1] Vient de « nazir », personne consacrée à Dieu (cf. Nombres et  Juges)

[2] C’est-à-dire des « enfants d’Israël » qui ont reçu la Loi au désert

[3] Si de ta bouche, tu affirmes que Jésus est Seigneur, si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, alors tu seras sauvé (10,9 )