18.05.25 – « Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. »


  Avec François de Sales,  puiser à la Source de la Parole.
5ème dimanche de Pâques  Année C  Jn, 13, 31-35
Entretien sur la cordialité : 10ème entretien (VI 57)


 

Saint Bernard dit que  » la mesure d’aimer Dieu est de l’aimer sans mesure  » et qu’en notre amour, il ne doit y avoir nulle limite ; il faut le laisser étendre ses branches aussi loin que possible. Ce qui se dit pour Dieu doit s’entendre de même pour l’amour du  prochain, pourvu toutefois que l’amour de Dieu surnage toujours au-dessus et tienne le premier rang.

Notre amitié doit être si ferme, cordiale et solide, que nous ne refusions jamais de faire ou de souffrir quoi que ce soit pour notre prochain.

Nous ne devons pas rendre des témoignages d’amitié plus aux  uns qu’aux autres, …en effet nous ne pouvons pas juger quels sont ceux qui sont plus parfaits et qui ont plus de vertus, car les appa­rences  extérieures sont trompeuses, et bien sou­vent ceux qui nous semblent être les plus ver­tueux ne le sont pas devant Dieu, qui seul peut les connaître. 
Et pour témoigner que nous aimons chè­rement notre prochain, il faut lui procurer tout le bien que nous pouvons, tant pour l’âme que pour le corps, priant pour lui et le servant cordialement quand l’occasion s’en présente ; d’autant que l’amitié qui se termine en des belles paroles n’est pas grand-chose, et  ce n’est pas  aimer comme Notre Seigneur nous a aimés, lui qui ne s’est pas conten­té de nous assurer qu’il nous aimait, mais a voulu faire tout ce qu’il a fait pour preuve de son amour.
Mais il faut que je dise encore ceci :  c’est que, à l’amour cordial est attachée une vertu qui est comme un appendice de cet amour, laquelle est une confiance tout enfantine. Les enfants, quand ils ont  une belle plume qu’ils estiment jolie, ne sont pas en repos tant qu’ils n’ont pas rencontré tous leurs petits compagnons pour leur montrer leur plume et faire qu’ils aient part à leur joie ; de même ils veulent qu’ils aient part à leur douleur, car dès lors qu’ils ont un peu de mal au bout du doigt, ils ne cessent de le dire à tous ceux qu’ils rencontrent, afin que l’on les plaigne et que l’on souffle un peu sur leur mal.

Je ne veux pas dire qu’il faille être tout à fait comme ces enfants, mais … nous ne devons pas aimer par inclination ; nous de­vons aimer notre prochain ou parce qu’il est vertueux, ou bien par l’espérance que nous avons qu’il le deviendra.

       Monastère de la Visitation Fribourg