13.07.25 -« Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho et il tomba sur des bandits.  »     


Avec François de Sales,   puiser à la Source de la Parole.
15ème dimanche ordinaire  Année C  Luc 10, 25-37
Traité de l’Amour de Dieu Livre 11 chap. 1 (V 238)


L’homme est là, sur le chemin entre Jérusalem et Jéricho, blessé à mort, mais pas encore mort ; l’Évangile dit qu’il fut « laissé à moitié vivant » ; et comme il est à moitié vif, il peut encore faire des actions à moitié vives. Il ne peut pas vraiment marcher, ni se lever, ni crier à l’aide, pas même parler, à cause de son état, mais il peut encore ouvrir les yeux, remuer les doigts, respirer, se plaindre ; ce sont des actions bien faibles et il serait mort, si le Samaritain miséricordieux ne lui avait appliqué son huile et son vin, et ne l’avait emporté à l’auberge pour le faire soigner et nourrir à ses propres frais.

La raison naturelle est blessée par le péché ; elle est trop mal en point pour observer tous les commandements, qu’elle sait pourtant être convenables ; elle connaît son devoir, mais elle ne peut le remplir ; ses yeux ont plus de clarté pour lui montrer le chemin que ses jambes n’ont de force pour l’entreprendre.

Le pécheur peut bien observer l’un ou l’autre des commandements, il peut même les observer tous pendant quelque temps ; mais que le pécheur puisse vivre longtemps en son péché sans en ajouter de nouveau, cela ne se peut pas sans une protection spéciale de Dieu.    Car les ennemis de l’homme sont puissants et cherchent à le précipiter à terre ; et quand ils voient que le pécheur n’arrive pas à pratiquer les vertus prescrites, ils suscitent mille tentations pour nous faire tomber dans ce qui est défendu. Alors la nature, privée de la grâce, ne peut se protéger de la chute. Mais si nous sommes vainqueurs, c’est Dieu qui nous donne la victoire par Jésus Christ, ainsi que le dit saint Paul aux Corinthiens.

                              Monastère de la Visitation Fribourg