20.07.2025 – « … Jésus entra dans un village. Une femme nommée Marthe le reçut. »
Avec François de Sales, puiser à la Source de la Parole
Année C 16ème dim. Ordinaire Luc 10, 38-42
Notes d’un Sermon du 15 août 1618 (IX 187-190)IVD 3ème partie, chap. X (III 171)
Marthe fut saisie d’une petite pointe d’envie. Il y a très peu de personnes, même parmi les plus religieuses et mystiques, qui ne soient prises par ces mouvements d’envie ; et plus on est mystique, plus l’envie est fine et comme imperceptible ; elle agit si adroitement que l’on a beaucoup de peine à remarquer ces mouvements.
Quand on complimente quelqu’un et qu’on minimise un peu la louange qui lui est due, qu’est-ce qui nous pousse à le faire sinon l’envie de partager ses vertus ? Mais Marthe dit sa petite pointe d’envie de manière joyeuse, et cela montre sa finesse. « Maître, dit-elle, permettez-vous que ma sœur ne m’aide point et qu’elle me laisse tout le soin de la maison ? Commandez-lui qu’elle vienne m’aider ! » Et notre Seigneur, qui est incomparablement bon, conscient de son imperfection, ne la reprit pourtant pas sévèrement, mais tout amoureusement, car cet évangile est tout d’amour… Certes, nous autres, nous ne saurions rien faire sans empressement, ou sans avoir grand soin du regard que l’on porte sur nous…
Quand notre Seigneur reprend sainte Marthe il lui dit: « Tu es en souci et tu te précipites pour beaucoup de choses. » Car si elle avait été simplement soigneuse, elle ne se serait point troublée ; mais parce qu’elle est inquiète, elle s’empresse et se trouble, et c’est pourquoi notre Seigneur la reprend. Les fleuves qui vont doucement coulant en plaine portent les grands bateaux, et les pluies qui tombent doucement dans la campagne la fécondent d’herbes et de graines, mais les torrents et rivières qui à grands flots courent sur la terre, sont inutiles au trafic, comme les pluies tempétueuses qui ravagent les champs et les prairies. Jamais besogne faite avec impétuosité et empressement ne fut bien faite.
En effet il y a deux parties en nous : il y a l’homme extérieur et l’homme intérieur. L’homme extérieur, c’est celui qui s’empresse en l’exercice des vertus qui concernent le commandement de l’amour du prochain. L’homme intérieur, c’est celui qui pratique l’amour de Dieu.
Je vous le dis en un mot: ayez la charité et vous aurez toutes les vertus.
Monastère de la Visitation Fribourg
