10.08.25 – « Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. »
Avec François de Sales, puiser à la Source de la Parole
Année C 19ème dim. Ordinaire Luc 12, 32-48
Traité de l’Amour de Dieu Livre 6 chap. 7 (IV 326)
Nos âmes tirent à elles ce qu’elles tiennent pour leur trésor – c’est-à-dire ce qu’elles aiment – et cherchent à s’en approcher. Il arrive donc parfois que Notre Seigneur répande au fond de notre cœur une certaine imperceptible douceur qui témoigne de sa présence. Alors les puissances de l’âme et même les sens extérieurs, par un secret consentement, se tournent vers ce lieu intime du cœur, là où se tient l’aimable Époux.
Ce mouvement est comparable à celui de l’essaim d’abeilles lorsqu’il veut se déplacer. Il est attiré … par l’odeur d’un vin de miel ou encore par le parfum de quelques fleurs, de telle sorte que ces senteurs le font entrer dans la ruche qu’on lui a préparé.
De même Notre Seigneur : par quelques silencieuses paroles d’amour ; par l’odeur du vin de sa tendresse, plus exquise que le miel ; par les consolations qu’il répand en nos cœurs pour nous avertir de sa présence, Notre Seigneur tire à soi les facultés de notre âme qui se rassemblent autour de lui et se recueillent en lui, comme en leur plus désirable objet.
Comme saint Augustin, l’âme s’écrie alors : « Mais où donc vous cherchais-je, Beauté infinie ? Je vous cherchais dehors et vous étiez au milieu de mon cœur ! »
Madeleine s’agitait autour du sépulcre ; elle courait çà et là, ses pensées, ses sentiments, tout à l’extérieur ; elle cherchait son Sauveur, alors qu’elle l’avait trouvé et qu’il lui avait parlé. Mais elle ne se rendait pas compte de sa présence. Et soudain, voilà qu’il l’appelle par son nom, aussitôt, elle s’arrête, se jette à ses pieds, elle les tient embrassés : une seule parole a suffi pour qu’elle se recueille en son Sauveur.
Monastère de la Visitation Fribourg
