17.08.25 – « Je suis venu apporter un feu sur la terre… »
Avec François de Sales, puiser à la Source de la Parole.
Année C 20ème dim. ordinaire Luc 12, 49-53
Notes d’un sermon du 15 août 1602 (VII 445)
Le glaive d’amour, dont Notre Seigneur parle : Je ne suis pas venu mettre la paix, mais le glaive, est le même que quand il dit : Je suis venu mettre le feu.
Quand on donne un grand coup sur une chose, tout ce qui la touche de près en reçoit le contrecoup. Le corps de Notre Dame ne touchait pas celui de son Fils durant la Passion; mais quant à son âme, elle était inséparablement unie à l’âme, au cœur, au corps de son Fils : aussi les coups que le corps du Sauveur reçut sur la croix ne firent aucune blessure au corps de Notre Dame, mais ils firent des grands contre-coups en son âme, comme Siméon l’avait prédit.
Les épines, les clous, la lance qui percèrent la tête, les mains, les pieds, le côté de Notre Seigneur transpercèrent l’âme de sa Mère. Ils furent autant de vents et d’orages qui agitèrent le navire de son cœur, presque brisé dans la tempête d’une mer tant amère.
Hélas, les aiguillons emmiellés des abeilles font une extrême douleur à ceux qui sont piqués, et il semble que la douceur du miel avive la douleur du dard. C’est la vérité, plus les paroles de Notre Seigneur furent douces, plus elles furent cuisantes pour sa Mère, et le seraient pour nous si nous aimions son Fils.
Quelle plus douce parole que celle qu’il dit à sa Mère et à saint Jean : Voici ton fils : Voici ta mère, paroles qui témoignent assurément de la profondeur de son amour, de son soin, de son affection pour Notre Dame ; et néanmoins ce furent des paroles qui sans doute lui furent extrêmement douloureuses. Rien ne nous fait tant ressentir la douleur d’un ami que lorsqu’il nous assure de son amour.
St Bernard nous dit : en tous les orages, « Regarde cette étoile de mer, invoque-la » et votre navire arrivera au port sans naufrage…
Monastère de la Visitation Fribourg
