26.10.25 – « Le publicain redescendit dans sa maison ; c’est lui qui était devenu juste, plutôt que le pharisien. »
Avec François de Sales, puiser à la Source de la Parole.
30ème dimanche ordinaire Année C Luc 18,9-11
Introduction à la vie dévote 3ème partie chap. 28 et 29 (III 241, 233)
Le pharisien de la parabole tenait peut-être le publicain pour cupide, injuste et adultère, – en tout cas pour un grand pécheur. Or il se trompait gravement puisque à l’instant même, Dieu le rendait juste.
La bonté de Dieu est si grande qu’un seul instant suffit pour recevoir sa grâce ; alors comment pouvons-nous être assurés qu’un homme hier pécheur le soit encore aujourd’hui ? Le jour précédent ne doit pas nous faire juger du jour présent ; comme le jour présent ne doit pas nous faire juger du précédent. Seul le dernier les jugera tous.
Nous ne pouvons donc jamais dire qu’un homme est méchant, sans risque de mentir. Tout ce que nous pouvons dire, si cela est nécessaire, c’est qu’il a commis tel acte mauvais, qu’à telle époque il vivait dans le péché, que maintenant il fait mal. Mais on ne peut pas généraliser d’hier à aujourd’hui, et moins encore d’aujourd’hui à demain. Mais vraiment ne peut-on jamais juger le prochain ? Non, Philotée, jamais ; c’est Dieu qui juge avec justice.
Disons que ceux qui veillent à la pureté de leur conscience ne sont guère portés au jugement téméraire. Comme les abeilles qui, par temps de brouillard ou de pluie, se retirent dans leur ruche pour faire le miel, ainsi les âmes bonnes ne perdent pas leur temps à vouloir percer le brouillard et les brumes des actions du prochain, mais se retirent en elles-mêmes et travaillent à leur propre changement.
Il est inutile pour une âme de perdre son temps à examiner la vie des autres. Buvez le plus que vous pourrez le vin de la charité qui vous libèrera de cette amertume qui vous fait porter ces jugements.
Monastère de la Visitation Fribourg
