02.11.25 – Jour des défunts


A la place du billet salésien, un poème de William BLAKE, à méditer au lendemain de la Toussaint
comme une prière remplie d’espérance


Je suis debout au bord de la plage.

Un voilier passe dans la brise du matin,

et part vers l’océan.

Il est la beauté, il est la vie.

Je le regarde jusqu’à ce qu’il disparaisse à l’horizon

Quelqu’un à mon côté dit : « il est parti »

Parti vers où ?

Parti de mon regard, c’est tout !

Son mât est toujours aussi haut,

sa coque a toujours la force de porter

sa charge humaine.

Sa disparition totale de ma vue est en moi,

pas en lui.

Et juste au moment où quelqu’un près de moi

dit : « il est parti ! »

il en est d’autres qui le voyant poindre à l’horizon

et venir vers eux s’exclament avec joie :

« Le voilà ! »

C’est ça la mort !

Il n’y a pas de morts.

Il y a des vivants sur les deux rives.