21.12.25 – « …. l’Enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint. »


Avec François de Sales, chercher la perle dans la Parole.
4ème dimanche de l’ Avent  Année A  Mt 1, 18-24
Sermons du 2 fév. et 10 mars 1622 (X 168, 313)


Bien que l’âme et le corps soient différents l’un de l’autre, ils ne font néanmoins qu’une personne que nous appelons homme ; ils viennent même à faire un tel mélange par cette union, que nous parlons des deux comme s’il n’y en avait qu’un ; de même, quand on parle de la beauté d’un cierge, on ne distingue pas la cire et la mèche, mais on dit seulement : ce cierge est beau, parlant des deux natures qui se trouvent en lui comme s’il n’y en avait qu’une seule.
Le corps sacré de Notre Seigneur ne fut pas plus spirituel que ceux des autres hommes, bien qu’il fut plus noble et excellent que les nôtres, n’ayant pas été conçu par œuvre d’homme, mais du Saint Esprit, qui prit pour le former le pur sang de la Vierge ; de sorte qu’en vérité ce corps est égal aux nôtres quant à la substance.

 Mais sa très sainte âme fut créée par Dieu, qui au même instant de sa création, la répandit dans ce corps formé par la vertu du Saint Esprit ; et dès lors ces deux substances de l’âme et du corps demeurèrent tellement jointes et unies ensemble qu’elles ne firent qu’une seule nature parfaite.

En l’Incarnation, le feu de la Divinité voulant s’unir à la nature humaine pour la rendre toute lumi­neuse, il commença premièrement à se joindre à la mèche, c’est à dire à l’âme de Notre Seigneur. Mais l’âme et le corps de Notre Sei­gneur ne demeurèrent pas un seul instant sans être unis à la Divinité ; dès sa conception, la Divinité fut jointe à l’une et à l’autre.
Or, ces natures divine et humaine ont fait une telle liaison et communication entre elles, que l’homme a été Dieu et Dieu a été homme ; de plus, les trois substances qui se trouvent réunies en la per­sonne de Notre Seigneur ne forment que deux natures parfaites, à savoir la divine et l’humaine, qui ne font en l’Incarnation qu’une seule Personne.
Depuis que le Verbe s’est incarné, il a habité parmi nous en sa chair ; et pour nous montrer cela, Il a voulu se servir d’elle, c’est à dire de son humanité, comme d’un outil pour accom­plir les œuvres qui appartenaient à sa divinité.

Monastère de la Visitation Fribourg