13.12.20 « …quand les Juifs lui envoyèrent de Jérusalem des prêtres et des lévites pour lui demander : « Qui es-tu ? » Jn 1, 6-28
Boire à la source avec François de Sales.
Année B 3ème dimanche Avent .
D’un sermon du 13 déc.1620 (IX, 420)
Qui es-tu ? Il leur dit et ne le nia point : Je ne suis pas le Christ. Es-tu Élie ? Non. Es-tu Prophète ? Non. Il confessa et ne le nia point Nos anciens Pères remarquent que quand ces envoyés lui dirent cette parole : Qui es-tu? ils ne voulaient pas seulement savoir qui il était, mais encore s’il était le Messie attendu; car saint Jean ne leur eût pas répondu qu’il n’était pas le Christ, s’il n’eût cru qu’ils venaient afin de le reconnaître comme tel. Il est vrai qu’il ne l’était pas, et il le confessa et ne le nia pas.
Considérez un peu la très parfaite humilité de ce glorieux Saint qui rejette non seulement les honneurs et titres qui ne lui appartenaient pas, mais, ce qui est plus admirable, qui refuse ceux qu’il pouvait recevoir. Il était homme comme nous autres, et néanmoins il était arrivé à une telle humilité qu’il triomphe de l’orgueil et de l’ambition, refusant d’accepter les dignités et honneurs qui lui étaient présentés. Et on ne lui propose pas seulement d’être semblable à Dieu, mais on vient pour lui faire confesser qu’il est le Christ et le reconnaître pour tel. Mais il rejeta cela au loin.
Remarquez, je vous prie, comme les envoyés des prêtres lui parlent : « Nous sommes ici envoyés de la part des Scribes et des Pharisiens pour vous dire que les prophéties sont accomplies et que le temps est arrivé auquel doit venir à nous le Messie. Il est vrai que nous voyons parmi nous beaucoup de personnes qui vivent bien et sont fort vertueuses, mais il nous faut confesser que nos yeux n’en ont point vues qui soit semblables à vous, ou desquelles nos cœurs goûtent les œuvres comme nous goûtons les vôtres. En somme, nous croyons que vous êtes le Messie promis. Et si cela est vrai, nous vous supplions de ne point nous le dissimuler davantage, car nous sommes venus pour vous rendre l’honneur que vous méritez. » Voyez-vous, ils lui mettent le marché entre les mains ; s’il eût voulu accepter, ils l’eussent reconnu pour le Christ. Mais ce glorieux Saint aimait trop la vérité pour se laisser emporter à une telle ambition.
Monastère de la Visitation Fribourg
